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Il Neigeait – Patrick Rambaud

24 juin 2013

CaptureNote : 11/20

Présentation :

Récit de la retraite de la Grande Armée après l’incendie de Moscou par Mikhaïl Koutouzov jusqu’à la bataille de la Berezina.

Commentaire :

A la différence de La Bataille, Patrick Rambaud n’accorde à la dimension militaire qu’une part résiduelle et s’attarde davantage à nous faire vivre les à-côté de cette affreuse retraite de l’armée napoléonienne. Les combats, l’incendie de Moscou ou la victoire de la Berezina (car, contrairement à ce que retient l’imaginaire collectif, il s’agit bien d’une victoire militaire de la Grande Armée qui évite à ses troupes de se faire anéantir) ne sont que des points de repère au service d’un roman qui nous plonge dans la souffrance de ces hommes et femmes, soldats ou civils dans ce qui constitue l’une des marches les plus meurtrières de l’Histoire. Qui nous « plonge », c’est à nouveau un vocable très approprié à ce récit de Patrick Rambaud qui salue le travail incroyable des pontonniers de la Grande Armée aussi bien dans La Bataille que dans Il Neigeait.

Très vite, la question militaire passe au second plan. Il n’est plus question de savoir qui va gagner ou peut gagner ces combats. Il n’est plus question de préserver les honneurs militaires, de préparer une contre-offensive ni même rentrer solidement en ordre de marche. Il est question de survie. L’hiver russe et la politique de la terre brûlée de l’Armée du Tsar et des Cosaques foudroient l’invincible Armée de l’Empereur lui ôtant toute cohérence, toute dignité voire toute humanité.

Si le livre paie de temps à autre ce manque de rythme militaire, Patrick Rambaud réussit avec talent à nous plonger dans le cauchemar de ses personnages. Nous ressentons le froid extrême, la douleur sourde et la déshumanisation de ces soldats et civils livrés à eux-mêmes face à cette invincible et impitoyable force de l’hiver. Les soldats perdent leur fierté, les comédiens perdent leur gaieté, les notables perdent leur cupidité… Sans ne jamais en faire trop dans la description de ce désastre mais sans ne jamais non plus vouloir enjoliver l’humiliation impériale et l’hécatombe humaine, Patrick Rambaud nous fait…froidement…revisiter la marche de la mort. Loin de l’admiration d’un Carl von Clausewitz pour l’Empereur mais tout aussi loin du chant de gloire d’un Piotr Ilitch Tchaïkovski dans son ouverture à 1812, Patrick Rambaud se borne à nous faire vivre ce moment d’histoire par les yeux et la douleur d’inconnus, au plus près de l’Empereur pour les uns, au plus profond de l’anonymat pour les autres.

Un livre percutant qui a le mérite de bien rappeler la cruauté et la douleur de la guerre entre deux volumes plus glorieux (La Bataille) ou reposant (L’Absent) de la tétralogie de Patrick Rambaud.

 

Poche:  270 pages
Editeur : Le Livre de Poche
Collection : Littérature & Documents

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From → Littérature

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