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Mauvais procès, motivations fallacieuses : cessons cette cabale contre l’AS Monaco

19 juin 2013

Ce n’est point par solidarité entre clubs de « nouveaux riches » ou clubs princiers mais par fidélité à notre raisonnement concernant le Paris-Saint-Germain (Ici) que nous avons souhaité prendre ces quelques lignes pour défendre l’AS Monaco face à la vindicte jalouse ou craintive des uns, la cupidité des autres et la profession de foi des derniers. Surtout, par rapport au procès d’équité ou de morale qui est fait au club de la Capitale, s’ajoute un procès judiciaire à l’endroit du club de la Principauté. Revenons sur ces deux volets afin de démontrer qu’à notre sens l’un comme l’autre sont au mieux maladroits, au pire iniques.

Un mécène moins sujet au fantasme

Comme nous l’avons évoqué dans notre papier relatif au Paris-Saint-Germain, le fait que l’investisseur soit originaire du Qatar a ouvert la porte à tous les fantasmes. A Monaco, la donne est différente pour deux raisons.

D’une part, Dmitri Rybolovlev, loin d’être un investisseur comme Qatar Sports Investments, se rapproche surtout du mécène. Un peu à l’image du précurseur Roman Abramovitch à Chelsea. Il ne s’agit pas d’investissements d’un Etat ou d’un fonds souverain dans toute une économie nationale et, entre autres, dans un club de football phare. Dmitri Rybolovlev n’a choisi l’AS Monaco ni pour sa puissance médiatique, ni pour sa renommée mondiale, ni pour son potentiel commercial (35.400 habitants, un stade de 18.000 places souvent désert, la concurrence à quelques kilomètres de l’OGC Nice).

D’autre part, dans l’imaginaire collectif, Monaco représente déjà l’opulence, les jeux d’argent, les dépenses somptuaires, le clinquant et les oligarques russes. Belles voitures, belles villas…club de football. L’AS Monaco, c’est aussi un club qui a toujours pu se permettre la venue de grands joueurs en fin de carrière comme Fernando Morientes, Jürgen Klinsmann, Oliver Bierhoff, Enzo Scifo, Christian Vieri, Jan Koller, Marco Di Vaio… Si Monaco est une marque, c’est d’un ordre bien autre que Paris. Et cette marque, c’est notamment celle d’une fiscalité avantageuse…celle qu’offre l’AS Monaco à ses joueurs, celle qui cristallise les critiques actuelles à l’endroit du club du Rocher.

Il en ressort que l’AS Monaco présente une certaine image de normalité quand le Paris-Saint-Germain ressemble à une froide machine économique. Quand tout ce qu’entreprend le Paris-Saint-Germain paraît suspect au regard du fair-play financier (contrat d’image) ou inéquitable au regard de la concurrence (injection massive de capitaux), nous avons le sentiment que l’AS Monaco renvoie une image moins « Business » mais davantage « Entertainment ». La problématique du fair-play financier semble même ne pas exister aux yeux de Dmitri Rybolovlev qui soit en rigole, soit n’a pas l’intention de voir aussi loin…si tant est que cette mesure entre un jour en vigueur de manière effective.

De l’importance d’une rivalité sportive entre le Paris-Saint-Germain et l’AS Monaco

L’arrivée d’un candidat potentiellement aussi solide que l’AS Monaco est une excellente nouvelle pour le football français. Pour ceux qui s’acharnaient sur la légitimité du Paris-Saint-Germain à constituer artificiellement une hégémonie sportive par l’injection soudaine et massive de capitaux, l’arrivée de l’AS Monaco ne peut que les rassurer. Du point de vue financier, le club parisien aura un rival censé assurer spectacle et suspens jusqu’à la dernière journée.

De surcroît, l’arrivée de ce Monaco nouveau va nécessairement conduire à une émulation sportive, non seulement avec le Paris-Saint-Germain, mais surtout pour toute la Ligue 1 qui va pouvoir se confronter, régulièrement, au plus haut niveau. Les défenseurs français ne peuvent qu’appendre de leurs rencontres avec un Radamel Falcao dont la technique, la puissance, le jeu dos au but, la capacité à se retourner et le sens du but sont uniques. Certains milieux de terrain français très prometteurs vont s’initier à la science du jeu et au talent d’un Joao Moutinho (même s’ils pouvaient déjà s’inspirer de la légende Clément Chantôme) tandis que d’autres pourront apprendre de la qualité technique d’ailiers comme James Rodriguez ou Lucas Ocampos.

A l’heure où le football français souffre de la concurrence portugaise relativement au coefficient UEFA, l’AS Monaco réalise d’une pierre deux coups en renforçant le football français et en affaiblissant le football portugais. Avec deux clubs (Paris-Saint-Germain et AS Monaco) capables de rivaliser avec les grosses cylindrées européennes et deux autres clubs habitués du très haut niveau et capables de bien figurer en Ligue des Champions (les Olympiques lyonnais et marseillais), le football de club français peut presque se mettre à rêver à moyen terme d’une quatrième place qualificative pour les tours préliminaires de Ligue des Champions. D’autant plus que ces différentes locomotives ne peuvent qu’apporter ambition, motivation et expérience à d’autres clubs susceptibles de briller en Ligue Europa quand ils échoueront à finir sur le podium de Ligue 1 (notamment le LOSC, les Girondins de Bordeaux, l’AS Saint-Etienne…).

L’avantage est aussi médiatique pour les rivaux du Paris-Saint-Germain et de l’AS Monaco. Désormais, ces deux clubs vont cristalliser les attentions, focaliser les conversations et braquer les caméras face à eux. Si l’Olympique Lyonnais s’est souvent bien accommodé de la pression médiatique, c’est probablement une belle opportunité pour l’Olympique de Marseille, sans devenir un club confidentiel, de gagner en discrétion et sérénité. Même si ce club reste le plus populaire de France et ne pourra jamais s’épargner les premières pages des journaux, les Unes ne sont pas extensibles et toute la place occupée par ses rivaux constituera un petit havre de repos pour Elie Baup et Vincent Labrune.

En outre, l’avantage est aussi économique. Avec deux clubs phares, comme en Liga (mais comme en Ecosse, certes, nous direz-vous), et leur constellation de stars, la Ligue 1 va attirer les yeux des investisseurs, de la presse mondiale, des autres protagonistes du football… Les recettes directes comme le merchandising et la billetterie vont augmenter nettement. Avec la perspective de stades rénovés pour l’Euro 2016 et donc optimisés économiquement (avec la construction de loges notamment), les clubs peuvent espérer de belles recettes, au moins lors des réceptions du Paris-Saint-Germain et de l’AS Monaco soit 10% des rencontres en Ligue 1, sans compter les éventuelles rencontres en coupes nationales. En matière de droits TV, l’inflation risque là aussi d’être très conséquente. Et pas seulement au niveau national. La Premier League ou la Liga reversent à leurs clubs d’importants pactoles aussi parce qu’elles vendent dans le monde entier à grands prix les droits de retransmission de leurs championnats nationaux.

Enfin, l’avantage est sportif. Des joueurs étrangers de qualité qui cherchent des clubs pour progresser, des grands clubs qui souhaitent prêter leurs jeunes pour qu’ils gagnent en expérience…se tourneront beaucoup plus facilement vers une Ligue 1 devenue plus crédible grâce aux investissements de l’AS Monaco et du Paris-Saint-Germain. Nous pouvons, par exemple, nous interroger sur l’intérêt qu’aurait porté un Diego Capel à l’Olympique de Marseille sans l’impact médiatique des Radamel Falcao et Zlatan Ibrahimovic.

De l’hypocrisie du procès fait à l’AS Monaco

Le procès principal qui est fait à l’AS Monaco, c’est le litige juridique (voire judiciaire) très concret qui l’oppose aux instances fédérales françaises et à la Ligue de Football Professionnel. Il est reproché à l’AS Monaco le régime fiscal avantageux dont il dispose lorsqu’il recrute des joueurs étrangers. Concrètement, pour que l’AS Monaco soit soumis au même régime que ses concurrents de Ligue 1, il lui est commandé d’installer son siège social en France. A notre sens, ce procès est inique : il utilise le droit pour faire valoir des arguments au mieux de morale et d’équité, mais plus probablement des velléités financières.

Il est absolument injuste d’autoriser l’AS Monaco à participer au championnat de France depuis près d’un siècle en totale connaissance de cause de son statut dérogatoire puis de soudainement s’offusquer d’un statut centenaire le jour où le club dispose de moyens financiers supplémentaires. Juridiquement, nous nous situons proches de la notion de droits acquis par acceptation tacite d’une situation maintenue durant une longue période. Au regard de l’équité, si nous comprenons que la situation telle quelle peut choquer, nous sommes autrement plus choqués par le « timing » soudain et la véhémence du procès fait au club princier. Il fallait exiger de l’AS Monaco qu’il soit soumis au même régime que les autres ab initio, ou alors il ne faut plus rien exiger. Et ce d’autant plus que l’affirmer soudainement crée un véritable préjudice dans le chef d’un club qui n’est pas inerte, mais qui mène réellement des activités commerciales, des négociations avec ses partenaires économiques, des discussions en vue de transférer certains joueurs…

La rupture d’égalité n’est d’ailleurs pas manifeste. D’une part, l’AS Monaco se trouve effectivement dans une situation différente : c’est le club résident d’un Etat tiers à la France. A ce titre, il dispose d’un cadre juridique propre et souverain, nonobstant toutes les conventions, notamment fiscales, que cet Etat pourrait signer avec la France. Or, on ne peut exiger l’application uniforme d’un règle de droits qu’aux personnes se trouvant dans une même situation de fait.

D’autre part, dans l’Union Européenne, a été consacrée la libre circulation des personnes et des capitaux. A ce titre, rien n’interdit irrémédiablement l’OGC Nice d’installer son siège à Monaco, le RC Lens le sien à Bruxelles ou même le Toulouse FC à Berlin. Ce qui empêche de tels transferts, c’est la complexité matérielle et technique pour un club d’avoir son siège loin de son stade et de son centre d’entraînement. Cette même complexité que l’on voudrait imposer à l’AS Monaco sur le fondement de principes d’équité, de justice ou de morale. Des principes creux et subjectifs sujets aux interprétations les plus fallacieuses.

Enfin, nous aimerions souligner l’absolue hypocrisie de ce procès. Si personne n’a jamais mené ce combat auparavant, c’est non seulement parce que l’AS Monaco n’avait pas encore de mécène aux poches biens remplies à sa tête, mais c’est surtout parce que le football français était bien trop content d’avoir une telle locomotive. Une locomotive qui a apporté de précieux points au coefficient UEFA national, notamment en allant en finale de Ligue des Champions…une performance pourtant peu commune pour le football français. Une locomotive qui a surtout formé une grande partie des grands joueurs français, ceux qui ont écrit l’Histoire et fait chavirer les foules : Jean-Luc Ettori, Manuel Amoros, Bruno Bellone, Lilian Thuram, Thierry Henry, David Trezeguet…pour ne citer qu’eux. Une locomotive qui a aussi mené au plus haut niveau celui qui arrête le pénalty de Demetrio Albertini au Stade de France un certain 3 juillet 1998…Fabien Barthez. Rares étaient les voix qui, à l’époque, réclamaient le transfert du siège social de l’AS Monaco…

A défaut d’avoir de la dignité ou de la fierté, ayons un peu de cohérence. Réjouissons nous que ce grand club qu’est l’AS Monaco puisse à nouveau servir les intérêts du football français et raviver la flamme de certains exploits mémorables à La Corogne, face à Chelsea ou face au Real Madrid.

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