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La Bataille – Patrick Rambaud

18 mai 2013

Recto

Note : 15/20

Présentation :

Prix Goncourt en 1997, ce roman prend la forme d’un récit de la bataille d’Essling du 20 au 22 mai 1809 ayant opposé la Grande Armée à l’Archiduc d’Autriche sur les bords du Danube à quelques kilomètres de Vienne.

Commentaire :

C’est le deuxième ouvrage que je lis de Patrick Rambaud après L’Idiot du Village. Dans un registre très éloigné, il démontre avec talent son aisance rédactionnelle, la richesse de son vocabulaire et sa capacité à rendre vivant un récit du premier au dernier mot. Et pourtant, la tâche était complexe. En effet, Patrick Rambaud fait ici le pari de suppléer Honoré de Balzac, mort quelques jours avant de s’attaquer à l’écriture du récit de cette drôle de bataille.

Revenons rapidement sur le contexte historique. Nous sommes en 1809. La Grande Armée a connu ses premiers revers en Espagne face à un nouveau type de combat : la guérilla (je vous recommande à ce titre le chef d’oeuvre de Georges Roux : Napoléon et Le Guêpier Espagnol). La bataille d’Essling constitue le premier coup d’arrêt des armées napoléoniennes dans une bataille rangée, traditionnelle. Certes, la Grande Armée a évolué en infériorité numérique et a provoqué davantage de perte dans l’armée autrichienne qu’elle n’en a subies, mais à l’issue de deux jours et de deux nuits de combats, elle n’a pas gagné de terrain. Pire, elle a perdu, en plus du général Espagne, l’un des plus grands officiers de l’histoire militaire française, le Maréchal Lannes (un Gersois – donc un homme de grande valeur) amputé des jambes après avoir été fauché par l’artillerie autrichienne et décédé de ses blessures le 31 mai 1809. Un grand officier mais aussi un des rares vrais amis de l’Empereur.

Ayant fait le choix de franchir le Danube sur un pont de fortune construit hâtivement, la Grande Armée s’est retrouvée coupée en deux suite à la destruction dudit pont par les Autrichiens, placés en amont du fleuve et y déversant des brûlots de toute taille (dont un immense moulin de pierre enflammé et appuyés sur deux péniches). Après deux journées et deux nuits de combat, l’armée impériale s’est repliée sur l’île de Lobau tandis que l’armée autrichienne s’est installée dans la plaine de Wagram. Une plaine où, quelques jours plus tard, Napoléon a remporté l’un de ses plus grands succès.

On se trouve loin de la rédaction des ouvrages de Carl von Clausewitz sur les campagnes napoléoniennes (qui, techniquement, ne pourront probablement jamais être égalés – et que je ne saurai trop vous recommander tant ils sont parfaits). L’oeuvre se veut avant tout littéraire même si elle traite avec rigueur des aspects stratégiques. Bizarrement, l’oeuvre se veut aussi moins laudative que celle de l’officier autrichien : Patrick Rambaud n’hésite pas à mettre en avant les défauts et les faiblesses de l’Empereur. Néanmoins, le travail est méticuleux, le récit est vivant et le style est parfaitement rythmé. Pour un passionné des guerres napoléoniennes, c’est un vrai plaisir de découvrir dans une dimension littéraire de cette qualité ces faits historiques que l’on a surtout eu l’habitude d’aborder de manière plus factuelle.

Si je devais adresser un petit reproche à cet ouvrage, je m’attarderais sur l’acharnement de l’auteur à nous renvoyer trop régulièrement à Vienne pour suivre les aventures amoureuses d’un certain Henri Beyle (id est Stendhal). Ces passages n’apportent pas grand chose au récit, si ce n’est un côté plus romanesque à la manière de…Stendhal. S’ils n’étouffent pas le lecteur grâce à leur brièveté, ces digressions semblent superflues.

A la suite de cet ouvrage, Patrick Rambaud a écrit trois autres romans sur l’épopée napoléonienne : Il Neigeait, L’Absent, Le Chat Botté.

Poche: 284 pages
Editeur : Le Livre de Poche
Collection : Littérature & Documents

Verso

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From → Littérature

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