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Le dopage du Paris Saint-Germain, fantasme ou réalisme ?

24 avril 2013

Quand Karl-Heinz Rummenigge parle de « doping financier », il ne fait que rebondir la critique adressée avec la plus grande récurrence au Paris-Saint-Germain depuis l’été 2012 et son changement de dimension économique. Mais c’est l’annonce d’un probable contrat d’image conclu par le club avec la Qatar Tourism Authority, à l’heure des promesses de fair-play financier de Michel Platini, qui a le plus nourri le Leviathan politico-sportif. Il convient donc de s’interroger sur la valeur et l’opportunité d’une telle critique. Entre fantasme et réalisme, entre inquiétude légitime et lobby extra-footballistique, le Paris-Saint-Germain fait-il vraiment tomber la dernière digue entre business et idéal sportif ?

Le Qatar et l’odyssée de tous les fantasmes

Il faut bien reconnaître qu’en matière de football, d’argent et de pays du Golfe, plus grand monde ne sait où placer la frontière entre réalité et fantasme. Après les dépenses faramineuses ayant suivi le rachat du club de Manchester City par un fonds d’investissement d’Abu Dhabi ou les rumeurs de corruption dans l’attribution de la Coupe du Monde de football 2022 au Qatar, le récent fiasco du Times, piégé par l’imagination de l’Agence Transe Presse des Cahiers du Football (sans que cela n’ait jamais été la finalité), traduit bien l’incroyable crédulité de la planète football en la matière.

C’est exactement ce qui se produit actuellement avec la rumeur du contrat d’image que conclurait la Qatar Tourism Authority avec le Paris-Saint-Germain, alors même que personne n’a idée ni de l’objet du contrat (périmètre, obligations des parties, nature des prestations), ni de son montant. Des chiffres impressionnants sont évoqués – de 100 à 200 millions d’euros – sans que l’on ne sache pour quelle durée ou à quelle fréquence ni que l’on prenne la peine de remarquer qu’entre 100 et 200 millions d’euros, la différence est particulièrement conséquente (la masse salariale des seuls joueurs du PSG, par exemple, s’élève à 92 millions d’euros brut).

Un contrat d’image inqualifiable

Avant de nous attarder sur la légitimité d’un tel contrat, il convient de préciser qu’il est juridiquement incontestable, même au regard des principes du fair-play financier, tels qu’ils sont annoncés. En effet, un contrat d’image liant l’autorité culturelle d’un pays en mal de tourisme et un club de football est absolument inédit. Au-delà de l’innovation juridique, c’est surtout une nouveauté économique hors marché dont il est presque impossible d’évaluer la pertinence et l’équilibre ex ante. Il est absolument indéniable de concéder que l’on n’a jamais autant parlé du Qatar que depuis le rachat du club parisien par le fonds souverain d’investissement (Qatar Investment Authority) du cheikh Tamim bin Hamad al-Thani. A titre d’exemple, ce même fonds souverain contrôle un peu plus de 6 % du capital d’EADS, 12,83% du Groupe Lagardère 15,1 % des actions du London Stock Exchange et 17 % de Volkswagen. Il est aussi propriétaire de nombreux palaces français (Martinez, Louvre, Concorde Lafayette…) ou biens immobiliers sur les Champs Elysées (sièges de HSBC, du Lido, de Virgin…). Concrètement, il s’agit d’investissements sans commune mesure avec ceux réalisés dans le cadre du rachat et de la gestion du Paris Saint Germain. Pour autant, c’est bien cet investissement sportif qui cristallise presque la totalité de la visibilité médiatique du Qatar en France et en Europe. S’il s’agit donc de mesurer la rentabilité d’image d’un tel contrat, il semble à première vue que cet investissement soit non seulement incontestable, mais plus probablement l’un des plus pertinents qui soient. Etant acquis que nous n’avons pas besoin de rappeler que l’investissement qatari dans le club parisien n’a nullement pour vocation première de gagner des titres par défi sportif, mais bien de crédibiliser et de répandre la « marque Qatar ».

Il est particulièrement savoureux de noter que la polémique autour de ce contrat n’a d’autre effet que d’en augmenter la valeur et la crédibilité. Un contrat d’image a pour finalité de faire connaître la partie qui en est à l’initiative ; et il ne se passe pas une semaine dans l’actualité sportive sans que le Qatar et ce contrat ne fassent réagir les protagonistes du football mondial. C’est tout le paradoxe de ceux qui, à l’instar des dirigeants du Bayern Munich, ont entrepris de donner de l’écho et de la résonnance à leur lobby contre ce contrat.

Un contrat inscrit dans une tendance lourde

Si un tel contrat doit voir sa légitimité remise en cause, il convient au préalable d’en étudier l’environnement. Or, les circonstances générales et actuelles semblent bien plaider en faveur d’un tel contrat à l’heure même où le fair-play financier est, lui aussi, l’objet d’un paradoxe. En effet, il est cocasse de constater que l’imminence de cette promesse de Michel Platini entraîne encore davantage l’élargissement du fossé opposant les clubs européens les plus riches à leurs poursuivants. Pour se prémunir d’un futur arsenal normatif contraignant, ceux-ci augmentent massivement leurs recettes, en renouvelant, notamment, à grands frais leurs contrats de sponsoring. Ainsi Manchester United vient-il de conclure un contrat de 211 millions d’euros avec Aon pour simplement rebaptiser son centre d’entraînement lors des sept prochaines saisons. Un club qui a signé un contrat de sponsoring de son maillot de 424 millions sur cette même période. Son rival de City a, pour sa part, conclu un partenariat de 491 millions d’euros avec Etihad Airlines pour renommer son stade lors des dix prochaines saisons. Un procédé auquel Arsenal a aussi recouru avec le « naming » de l’Emirates Stadium pour cinq années contre 175 millions d’euros. En Espagne, le Real Madrid a conclu un double contrat de sponsoring à hauteur de 45 millions d’euros par saison avec Fly Emirates (25 millions d’euros) et Bwin (20 millions d’euros). Son rival catalan n’est pas en reste avec la signature d’un partenariat avec Qatar Airways et la Fondation du Qatar pour un montant total de 330 millions d’euros sur cinq saisons. Des recettes de sponsoring tout aussi impressionnantes et hors marché que celles annoncées pour le Paris-Saint-Germain.

Ajoutons, par ailleurs, que ces clubs bénéficient de recettes de droits de retransmission télévisuelle sans commune mesure avec ce qui se fait en France. A eux seuls, Real Madrid et FC Barcelone bénéficient de la moitié de ces droits de retransmission la Liga (163 millions d’euros pour les Catalans, 156 millions d’euros pour les Castillans). Si un projet de loi devrait rendre plus équitable la répartition de ces droits entre clubs espagnols, cela ne devrait pas faire baisser l’enveloppe de ces deux clubs en raison de la vente de ces mêmes droits en Asie. En Angleterre, les clubs de Premier League se partagent 1,3 milliard d’euros par saison à tel point que les clubs promus disposent d’enveloppes de transfert supérieures à celle de l’Olympique Lyonnais ou de l’AC Milan.

De telles comparaisons et de tels chiffres permettent de bien mettre en perspective le contrat d’image que pourrait conclure le Paris-Saint-Germain. A moins d’être profondément hypocrite, il est manifeste qu’il ne va créer aucun déséquilibre face à de tels mastodontes européens. Qui plus est, la répartition des ressources globales dont bénéficie le club parisien est infiniment plus juste (ou « fair play ») que celles pratiquées en Angleterre ou en Espagne. Le club parisien n’est pas le principal bénéficiaire français ou européen des droits de retransmission télévisuelle. Il n’est pas non plus destinataire de subventions publiques (la Mairie de Paris y a mis fin) comme nombre de clubs peuvent l’être. Alors même que les diffuseurs de la Ligue 1 (Canal+ a réalisé des records d’audience cette saison) ou la ville de Paris bénéficient pleinement de la visibilité grandissante et bienveillante du Paris-Saint-Germain.

Une question de référentiel et de finalité

Car il faut bien garder en vue que le référentiel n’est pas celui du microcosme français. Le Paris-Saint-Germain a pour ambition de gagner une Coupe d’Europe. A ce titre, il convient de comparer ses ressources et ses finances avec celles de ses concurrents pour la victoire en Ligue des Champions. Nous parlons ici de clubs espagnols qui peuvent se permettre des dettes de plus de 400 millions d’euros sur le dos de créanciers et contribuables à bout de souffle dans un pays en crise. Nous parlons ici de Chelsea, de Manchester City, de Manchester United ou du Zénith Saint-Pétersbourg dont les finances sont « dopées » par les investissements de mécènes ou propriétaires immensément riches. Le Chelsea de Roman Abramovitch ou le Manchester City du fonds d’investissement d’Abu Dhabi ont dépensé en transferts et en masses salariales des sommes à rendre ridicule le club parisien. Le Zénith Saint-Pétersbourg s’est vu offrir un stade neuf de 65.000 places par Gazprom (quand on sait combien cela a amputé les dépenses sportives d’Arsenal ou de l’Olympique Lyonnais), ainsi que la venue de joueurs à des prix, pour le coup, totalement déconnectés de leur valeur marchande (Hulk, Aksel Witsel pour 91 millions d’euros, soit davantage que le coût cumulé des venues de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Marco Verratti et Blaise Matuidi par exemple). De son côté, le Paris-Saint-Germain a acheté des joueurs à leur valeur marchande en moyenne, n’a pas de dette structurelle, n’a pas une masse salariale exagérée, n’a pas de contrat de naming pour son stade ou son centre d’entraînement…

Contraindre la réflexion au seul prisme de la Ligue 1 est aussi réducteur que fallacieux tant les détracteurs actuels du Paris-Saint-Germain n’ont jamais décrié le décalage entre les droits de retransmission télévisuelle perçus le quatrième de Liga (Malaga, 14 millions d’euros) pourtant qualifié en Ligue des Champions ou les recettes disproportionnées d’un club en faillite sportive (Queens Park Rangers). Si l’on veut raisonner en termes de fair-play, d’équité ou de justice (avec tous les effets pervers de ces concepts entre vacuité et subjectivité) dans un sport sans frontière et où la compétition reine est internationale, il est bien plus choquant de voir qu’un club dernier de Premier League peut acquérir sans grand effort les joueurs d’équipes françaises jouant la qualification en Coupe d’Europe.

L’inopportune question de la légitimité

Surtout, le Paris-Saint-Germain, malgré son jeune âge, ne part pas de rien. Ce n’est pas une équipe née de la cuisse de Jupiter suite aux bonnes faveurs et aux caprices d’un souverain fortuné. Comme le rappelait Carles Rexach à la veille de la venue du FC Barcelone au Parc des Princes en quart de finale de Ligue des Champions, le club parisien a une histoire et a compté dans ses rangs de très grands joueurs. Le Paris-Saint-Germain ne doit à aucun centime qatari sa brillante décennie des années 1990, son titre européen, ses cinq demi-finales européennes consécutives et la venue de joueurs tels que Raï (capitaine du Brésil, champion du monde), George Weah ou David Ginola. Tout comme les investisseurs qataris n’ont joué aucun rôle dans l’écriture de la légende des Mustapha Dahleb, Safet Susic, Carlos Bianchi, Luis Fernandez ou Clément Chantôme. Quand les Qataris se sont portés acquéreurs du club, celui-ci était revenu, par lui-même, au premier plan national (places européennes) après avoir frôlé la relégation et à un rang respectable au plan européen (premier d’une poule avec le FC Séville et le Borussia Dortmund ; élimination en quart de finale de la Ligue Europa).

Cela ne justifie pas nécessairement l’arrivée massive d’argent dans les caisses du club, mais elle légitime le choix des Qataris d’investir dans ce club. Car le Paris-Saint-Germain est attractif pour son passé mais aussi parce qu’il est le club de la ville la plus touristique du monde, une ville qui séduit universellement. S’il est une injustice, c’est celle-ci : l’attractivité internationale de la ville qui héberge ce club est incomparable avec celle de ses concurrents. Paris est une marque. Paris est un imaginaire. Paris est un fantasme. Paris est une valeur marchande. C’est bien toute l’aberration de l’exploitation à l’extrême d’un raisonnement fondé sur le « fair play ». Personne ne conteste la légitimité du FC Barcelone et du Real Madrid à bénéficier de tant de recettes et d’un tel passif financier, alors que l’un et l’autre ont avant tout bénéficié d’un contexte politique, d’une rivalité politico-culturelle où ils ont constitué les symboles de la lutte entre la Castille et la Catalogne, entre le pouvoir central et l’indépendance régionale, entre la dictature franquiste et la contestation locale… De même, le Bayern Munich oublie bien vite de rappeler qu’il bénéficie d’une hégémonie dans la région la plus riche d’Allemagne, si ce n’est d’Europe, et qu’il a pu construire sa force, aujourd’hui irréprochable financièrement, sur la fracture d’un pays dont la capitale avait d’autres réalités que la pratique d’un sport de haut niveau. Concrètement, le Bayern Munich a réalisé un travail extraordinaire pour solidifier ses comptes, construire un collectif et afficher un palmarès d’exception. Mais il ne faut pas oublier qu’au commencement, il a bénéficié de circonstances favorables et qu’il a capitalisé sur cette rente de situation. Il ne faut pas non plus oublier que les clubs en situation de domination voire d’hégémonie n’hésitent pas à user (abuser ?) de cette situation pour maintenir la concurrence sous l’eau. A ce titre, le discours des dirigeants du Bayern Munich, à commencer par Uli Hoeneß, nous semble d’une hypocrisie totale (sans évoquer ici les égarements personnels de l’intéressé). Où sont les principes de justice, d’équité et de « fair play » dans le pillage d’un Borussia Dortmund renaissant (Mario Götze, Robert Lewandowski), d’un Schalke 04 dangereux (Manuel Neuer) ou encore d’un VFB Stuttgart surprenant (Mario Gomez) ? Surtout lorsque l’on doit cette supériorité à des avantages extra-sportifs et à une rente de situation. C’est dans plusieurs années qu’il faudra juger le « fair play » du Paris-Saint-Germain à l’aune de l’optimisation de ses investissements.

Une situation exogène positive

Dérivons un peu de cette perspective personnalisée et attachons-nous à analyser les externalités d’une telle situation. Plus précisément, prenons le temps de souligner les bienfaits de l’arrivée des Qataris à la tête du Paris-Saint-Germain pour la France et la Ligue 1. Brièvement, il convient de souligner que le premier bénéficiaire de cet apport massif d’argent qatari est le contribuable français. De l’argent venu d’un Etat tiers est directement réinjecté dans les caisses du Trésor Public (impôts et charges touchant le club, les joueurs, le merchandising, la couverture médiatique…) et consacré à la dépense nationale ; sans négliger les nombreux emplois directs et indirects créés.

De manière plus propre au football, l’intérêt est d’abord médiatique. Les investissements qataris ont braqué les yeux curieux, d’abord, experts, ensuite, du football mondial sur la Ligue 1. Les droits de retransmission télévisuelle à l’international sont fortement valorisés, le merchandising connaît la croissance et la couverture médiatique s’universalise directement sur le Paris-Saint-Germain et indirectement sur ses adversaires (clubs et joueurs).

Les gages de solidité présentés par le club parisien en coupe d’Europe doivent permettre d’envisager avec sérénité une stabilité, voire une croissance, d’un indice UEFA déterminant pour la visibilité et la richesse du football français. Une visibilité du football français qui doit permettre aux autres clubs de recruter des joueurs qui découvrent ainsi la Ligue 1. Le cas de Joey Barton est probablement très particulier. En revanche, l’analogie avec le handball n’est pas totalement inopportune. L’arrivée de Mikkel Hansen, notamment, et d’autres stars internationales a braqué les projecteurs sur un championnat dont certains clubs deviennent alors très attractifs : on peut penser à la colonie espagnole de Nantes (même si les liens familiaux de l’entraîneur, Thierry Anti, expliquent aussi cela) ou au futur gros recrutement de Dunkerque. Tout cela n’est pas dû exclusivement à l’arrivée des stars au Paris-Saint-Germain (la crise économique en Espagne, particulièrement, explique l’exode des joueurs de ce grand championnat), mais elle traduit une évolution à venir. Une évolution qui se matérialise par le retour dans le championnat français des internationaux comme Jérémy Ménez au football mais aussi Daniel Narcisse, Didier Dinart, Luc Abalo, Guillaume Joly…au handball. Le Paris-Saint-Germain est d’ailleurs devenu le principal pourvoyeur de joueurs en sélection nationale (Blaise Matuidi, Jérémy Ménez, Christophe Jallet, Mamadou Sakho, Clément Chantôme ont été sélectionnés par Didier Deschamps), alors que depuis 1998, il a souvent été reproché à ces internationaux de monnayer leurs services chez nos voisins.

Enfin, cet afflux massif de financements impacte nécessairement la Ligue 1. D’une part, les stades font le plein (malgré une hausse significative du prix des places) lorsque les autres clubs reçoivent les Parisiens. D’autre part, le Paris-Saint-Germain cède de très bons joueurs à moindre coût (comme Jérémy Clément, Milan Bisevac voire Matthieu Bodmer, sous forme de prêt) et investit dans des joueurs évoluant en France comme Blaise Matuidi (ou potentiellement Etienne Capoue).

L’hypocrisie est mauvaise conseillère

De surcroît, l’hypocrisie de telles accusations portées à l’encontre du Paris-Saint-Germain est d’autant plus manifeste qu’elle est souvent l’expression d’une frustration ou d’une jalousie d’autrui. Car le club parisien n’a certainement pas le monopole des recettes financières purement capitalistes, au mépris de la dimension populaire, idéalisée et nostalgique du football. Si l’on prend le cas du rival historique (enfin…historique depuis 20 ans), l’Olympique de Marseille, il convient de rappeler qu’ils n’ont jamais connu les affres de la pauvreté sous la perfusion des talents d’entrepreneur de Bernard Tapie puis de l’engagement financier déficitaire de Robert Louis-Dreyfus. La commercialisation récente de maillots dorés, noirs ou roses tend aussi à démontrer que le club parisien n’a pas le monopole des atteintes à l’histoire en vue de faire rentrer quelques euros de plus dans les caisses. Les avantages fiscaux et l’investissement russe récent à Monaco ne sont pas non plus exemplaires à ce titre. La construction de nombreux stades dans une optique de commercialisation (implantation de commerce, profits immobiliers, naming…) à Lyon, à Lille, au Mans, au Havre, à Grenoble… ne répond pas non plus exclusivement à des soucis d’intérêt général, de démocratisation de l’accès au football ou de satisfaction des supporters. Même à Lens ou à Auxerre, ces clubs que l’on aime observer sous le prisme du « Football vrai », préoccupations bancaires ou jeux de pouvoir fondent une grande part des décisions sportives et extra-sportives.

Quant au fantasme d’un club écrasant les compétitions nationales, il faut préciser que personne ne s’est offusqué de l’hégémonie de l’Olympique Lyonnais. Ce qu’ont réussi les équipes de Jean-Michel Aulas est une prouesse hors norme qui mérite l’admiration et qui a démontré combien rester au plus haut niveau est au moins aussi difficile que d’y arriver. Pour autant, l’Olympique Lyonnais n’a pas construit ces succès sans construction financière extra-sportive. Le club a même fait le choix de l’entrée en bourse, bien au-delà de toute préoccupation sportive. Et même à son apogée, le club n’a jamais réussi à écraser les coupes nationales (hormis le doublé d’Alain Perrin). Depuis deux ans que les Qataris sont à la tête du club parisien, le Paris-Saint-Germain n’a remporté aucun titre (même si celui de champion 2012-2013 semble très probable). Ils n’ont nullement écrasé le championnat, ont connu des échecs en coupes nationales, des désillusions à domicile (défaite contre le Stade Rennais malgré deux expulsions adverses) et chez des équipes luttant pour le maintien (le Stade de Reims ou le FC Sochaux-Montbéliard par exemple). Sans leurs erreurs, les adversaires du club parisien avaient la place pour s’imposer, comme Montpellier l’an passé. L’Olympique Lyonnais paie une deuxième partie de saison totalement ratée après le départ de Michel Bastos. L’Olympique de Marseille paie les longs mois occupés à trouver sa solidité défensive actuelle. Les clubs lillois et montpelliérain paient un début de saison totalement raté.

Non le Paris-Saint-Germain n’est pas dopé. Non le Paris-Saint-Germain n’écrase pas tout. Non le Paris-Saint-Germain n’a rien volé et n’a certainement pas méconnu les notions subjectives et fallacieuses de « fair play », d’équité, de justice ou de morale. D’autant plus qu’aucune des dépenses de ce Paris-Saint-Germain n’a été disproportionnée (Marco Verratti et Javier Pastore confirment leur potentiel) ou injustifiée (Zlatan Ibrahimovic assomme le classement des buteurs et Thiago Silva rayonne dans une défense historiquement imperméable).

S’il est des reproches à adresser au Paris-Saint-Germain, ils sont bien autres. Nous pensons ici au sacrifice de ses supporters fidèles, au manque de respect pour l’histoire du club ou encore aux velléités de destruction du Parc des Princes.

Ne nous trompons pas de combat pour de mauvaises raisons. L’argent des uns n’est pas moins légitime que celui des autres parce qu’il arrive en plus grande quantité. Le déficit d’hier qui a permis de construire le budget excédentaire d’aujourd’hui n’est pas plus légitime que l’investissement massif mais raisonnable d’un fonds souverain qatari. Toute la question est celle de la place de l’argent dans le football de manière générale car aujourd’hui, personne ne peut briller sur le toit de l’Europe, sans tomber dans le « foot business ».

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3 commentaires
  1. gregyboy78 permalink

    excellent article, objectif exhaustif precis et loin des considerations journalo-populiste. Entierement d accord avec sa conclusion egalement malheureusement

  2. A.Fontaine permalink

    BON article sauf la troisième partie où un manque d’objectivité est indéniable…QSI est un fonds d’investissements public étranger qui rachète un club français. de plus il aurait opportun de préciser les conflits d’intérets du fait que le propriétaire du PSG est aussi celui de la principale source de revenus de LFP (une chaîne sportive lancée il y à 1 an).

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