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Cosmopolis

19 juin 2012

Note : 2/20

Présentation :

La traversée en limousine par le jeune président d’une grande société d’une ville de New-York en fusion.

Commentaire :

Il est une constante, qui ne souffre que de rares exceptions : les films qui cristallisent les meilleures critiques au festival de Cannes sont les plus prompts à m’endormir et à perdre mon intérêt dès les premières minutes. Après, notamment The Tree of Life, c’est Cosmopolis qui reçoit mon prix « Somnifère d’or ».

Un film aussi long et lent que Métropolis, le talent de précurseur de Fritz Lang en moins. Aucun rythme, aucune cohérence… On navigue, ivre d’ennui, enfermé dans le cadre claustrophobique d’une limousine démesurée, engluée dans un New-York apocalyptique.

Les dialogues sont absurdes mais on cherche vainement la plume savoureuse d’Eugène Ionesco ou de Samuel Beckett. Une ambiance dystopique, des discours eschatologiques mais aucune analyse sérieuse de fond. De la pseudo-intellectualisation artistique de l’idéologie bobo-anticapitaliste des illuminés aux poches pleines. On peine à retrouver le David Cronenberg qui, à peine quelques mois auparavant, savait mener une réflexion d’une envergure tout autre dans A Dangerous Mind. Le dialogue final, d’une vacuité sidérale, mais d’une arrogance et d’une prétention lunaires, est symptomatique du snobisme extrême censé fonder cet affreux gâchis.

Le scénario n’a pas le moindre sens. A mi-chemin entre une lente descente dans une folie infernale et une succession d’actes et de scènes théâtraux, l’on ne se situe nulle part. Être original, ce n’est pas proposer n’importe quoi. Produire une œuvre intellectuelle et travaillée, ce n’est pas compiler ses derniers « bad trips » après ingurgitation de capsules vérolées de LSD. Économiquement et financièrement, l’approche est aussi recherchée que celle d’un collégien que l’on initie à l’économie. Sociologiquement, c’est le néant. Psychologiquement, le héros cherche vainement à savoir quelle pathologie la plus lourde a pris le dessus parmi la quinzaine qui semblent agiter sa caboche.

Bien évidemment, du sexe cru, du sang bien rouge, des armes à feu bien lustrées…pour attirer les nuées de pigeons à partir de la bande-annonce et pour réveiller les 35 derniers rangs de la salle.

Difficile de porter un réel jugement sur les acteurs. On est assommé par un film insoutenable de mépris et de nullité.

Il est des façons de s’attaquer à l’art cinématographique qui exigent du talent et de l’humilité. Il est dommage qu’ils aient été oubliés lors de la rédaction de cet acte d’onanisme cérébral dogmatique et soporifique.

Le cinéma n’est ni le monopole d’un auteur, ni celui des spectateurs. Il doit ménager les besoins de l’un et l’autre. Quand un réalisateur prend ses spectateurs pour des abrutis, qu’il les méprise ouvertement et compte sur les critiques journalistiques dont le snobisme le dispute à la médiocrité, il se noie. Deux heures d’apnée, c’est létal.

Durée : 1h48

Date de sortie : 25 mai 2012

Réalisé par David Cronenberg

Avec:

Kevin Durand (aussi dans Lost),

Robert Pattinson, Juliette Binoche, Sarah Gadon, Mathieu Amalric, Jay Baruchel

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From → Cinéma

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