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Petite analyse personnelle rapide des résultats des élections législatives

18 juin 2012

Petite analyse personnelle rapide des résultats des élections législatives

Les bonnes nouvelles :

Le Parti Socialiste dispose de la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Nul besoin de devoir composer avec des alliés instables, peu fiables et illusoirement compatibles. Ils vont pouvoir mener une politique aussi cohérente que ses dissensions et ambitions internes le permettent. Ils ont attendu pendant quinze ans d’avoir les vrais moyens et responsabilités de leurs idées. A eux de jouer.

Les parachutages les plus grossiers ont échoué (Claude Guéant, Jack Lang, Ségolène Royal) et les trublions de la République ont été battus (Ségolène Royal, oui oui encore elle, Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Maryse Joissains-Masini, Renaud Muselier, Rama Yade, Jean-Luc Mélenchon, Christian Vanneste, Frédéric Lefèvbre dans une circonscription qui avait voté N. Sarkozy à 54% un mois plus tôt…). A l’inverse, je salue les élections de Messieurs Falorni, Dosière ou Solère, ancrés localement depuis de longues années, et dont l’engagement a été justement récompensé.

L’UMP conserve, malgré plus de dix ans de pouvoir usant et une crise financière extrêmement violente, une grande cohérence numérique à l’Assemblée Nationale, légèrement davantage que le bloc de gauche dans la composition sortante.

La gauche ne dispose pas des 3/5èmes au Congrès, ce qui lui aurait permis de trafiquer la Constitution sur des questions aussi ineptes que faire disparaître le mot « race » de son article 1er. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée ». Si elle veut travailler sur cette question, les solutions en matière d’intégration et de lutte contre la xénophobie ne se trouvent pas dans les artifices textuels. C’est d’autant plus ironique que l’un des premiers discours de F. Hollande est un hommage à Jules Ferry, dont les discours étaient innervés par ce champ lexical. Anachronisme et politiques des apparences, quand vous nous tenez…

Les mauvaises nouvelles :

L’entrée de l’extrême-droite au Parlement avec deux candidats du Front National et un franc tireur (Jacques Bompard de la Ligue du Sud). Au-delà du malaise de voir des candidats entrer au Parlement sur les relents d’une vague xénophobe, on peut s’inquiéter de leurs compétences. D’une part, un avocat sans scrupule ni identité, à la recherche de victimes ou de présumés coupables pour mettre en avant médiatiquement son cabinet et sa gouaille de basse-cour ; d’autre part, une jeune fille de 22 ans, plongée dans ses études, sans aucune expérience ni compétence, dont on ne sait absolument rien et qui se préoccupait, jusqu’à ce jour, davantage du prochain commentaire d’arrêt à rendre à Assas que du déficit public national.

La possibilité pour les escrocs écologistes de former un groupe parlementaire. Ce regroupement d’idéologues crypto-trotskistes qui ont pris prétexte des questions d’écologie pour exister politiquement (comme si seul un mouvement de gauche pouvait avoir le monopole de la cristallisation des inquiétudes environnementales) est une aberration politique dont les idées phare ineptes sont incompatibles avec les principes défendus par leurs alliés de circonstance et d’opportunisme : fin du nucléaire, dépénalisation des drogues douces, disparition des automobiles et de l’aviation (sauf pour aller en vacances aux Maldives), suppression des moyens de Défense Nationale… A l’image de leur éphémère leader du moment, ils ne font montre que d’une insignifiante capacité à prendre conscience des réalités actuelles du pays et ses besoins.

Le succès de certains parachutages comme celui de Delphine Batho (même s’il coûte à Ségolène Royal son siège de députée) ou celui d’Henri Guaino. Le seul parachutage qui me semble défendable est celui de François Fillon à triple titre : en vue de conquérir la mairie de Paris dont l’on ne peut nier la valeur politique nationale, en guise de continuité de son engagement depuis cinq ans à Paris pour des problématiques locales qui exigent la collaboration de la collectivité et de l’Etat (à commencer par le Grand Paris) et surtout pour dégager l’aberration Rachida Dati, parvenue snobinarde sans aucune légitimité locale et à l’effroyable capacité à cumuler les mandats sans jamais y consacrer le moindre effort (ministère, députation européenne, municipalité d’arrondissement), qui visait le siège de Jean Tibéri, enfin hors course, après un mandat de 44 ans.

La disparition de François Bayrou. Certes, il a trahi son électorat traditionnel et son passé politique en appelant à voter à gauche, mais l’UMP, battue d’avance, aurait dû avoir la magnanimité de ne pas maintenir son candidat au second tour. Ironie de l’histoire, après la bascule du Parlement à gauche, celui-ci a dénoncé le début d’une période « d’ombre » pour le pays… Certes il l’a bien mérité. Mais les considérations d’intérêt général et de richesse du débat public auraient dû pousser à la persistance d’un leader, a minima, au centre de l’hémicycle.

Les vérités que je tiens à rétablir :

L’alliance UMP-FN est une immonde hypocrisie martelée par le Parti Socialiste à fins purement électorales. Tout à fait conscients, non seulement du danger de l’entrée du Front National au Parlement, mais encore du gouffre béant qui le sépare de l’UMP, le Parti Socialiste et certains médias complaisants ont beaucoup œuvré pour entretenir l’illusion dans l’esprit de l’électorat d’un rapprochement UMP-FN. Cette stratégie indigne est une insulte à la démocratie mais aussi aux élus et militants UMP farouchement opposés au Front National et qui sont impunément ainsi traînés dans la boue. Cette stratégie, surtout, renforce le Front National en lui donnant une dynamique forte, en radicalisant ceux qui auraient pu avoir des scrupules à voter pour eux.

L’UMP a été très claire : aucun accord avec le Front National. Et l’UMP s’est tenue à cet engagement très coûteux mais de grande valeur. Roland Chassain s’est désisté en faveur du Front National, il est en voie d’exclusion du parti. Nadine Morano qui s’est adressée directement aux électeurs du Front National, dont le candidat était éliminé, a été sévèrement battue et a vu le parti lui reprocher d’avoir entretenu le trouble sur ses penchants pour certaines théories nauséabondes d’extrême-droite. Il me faut, toutefois, bien le préciser : jamais Nadine Morano n’a envisagé d’accord avec le Front National ni n’a repris explicitement des convictions qui n’étaient pas siennes jusqu’à alors. Il s’agit simplement d’un opportunisme malsain de circonstances absolument pas révélateur d’un potentiel rapprochement entre les deux partis. Elle a été battue, je m’en réjouis.

L’UMP a payé le prix fort : en refusant ces accords, elle a cédé 19 sièges qui auraient été siens en cas d’accords avec le Front National. Si les discours de Jean-François Copé, Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, François Baroin ou Nathalie Kosciusko-Morizet ne l’avaient pas suffisamment démontré, renoncer à ses 19 sièges est un signe fort : l’UMP préfère perdre des batailles électorales que de passer des accords avec le Front National. Je crois que ces cibles de la liste noire du Front National sont autrement plus importants dans l’appareil de l’UMP que les pantins de N. Sarkozy (Messieurs Hortefeux, Buisson et Guéant, Mme Morano…).

A l’inverse, la moitié des candidats Front National a été élue grâce au maintien d’une candidate investie par le Parti Socialiste. Les leçons sont belles, mais n’ont de valeur que lorsque l’on se les applique. Certes le Parti Socialiste a demandé à sa candidate de se désister, mais l’on a vu davantage les éléphants de Solférino parader à La Rochelle que se rendre dans le sud-est pour mener leur prétendu combat crucial contre l’extrême-droite. La vérité est que le Front National, entré sérieusement dans la vie publique grâce à François Mitterrand, est le meilleur atout du Parti Socialiste pour affaiblir la droite, d’une part, et pouvoir diaboliser hypocritement et artificiellement la droite, d’autre part. Lourde responsabilité qui pèse sur le dos de ces stratèges socialistes dont les préoccupations électorales ont plus de valeur que l’intérêt général et plus de poids que les scrupules.

Il est à noter que Michel Vauzelle et Philippe Kemel n’ont battu le Front National que par l’afflux massifs d’électeurs UMP lors des seconds tours les opposant au Front National. Le Parti Socialiste est resté étonnamment discret sur ses soutiens décisifs d’électeurs de droite, alors qu’il n’était pas en reste pour fustiger ceux qui ont choisi Olivier Falorni… On remarquera, d’ailleurs, concernant Monsieur Falorni que la seule manière pour le Parti Socialiste de le décrédibiliser était de l’accuser d’être le candidat de l’extrême-droite… Encore et toujours ce réflexe, traiter l’adversaire de soldat du Front National (après le « Sarko facho » de 2007) au lieu de débattre au fond… Monsieur Falorni n’est soutien fidèle de François Hollande que depuis trente ans, sans jamais avoir quitté son ancrage local…

Est-il utile de rappeler les différences fondamentales et inexpugnables qui existent entre le Front National et l’UMP ? Le Front National prône une politique économique résolument d’extrême-gauche loin du libéralisme responsable prôné par l’UMP. Le Front National est fondamentalement anti-européen quand l’UMP est profondément encline à renforcer l’intégration européenne (et a rejoint le commandement exécutif de l’OTAN…malgré les cris effrayés des…Socialistes). Le Front National navigue sur des relents xénophobes nationalistes tandis que la droite traditionnelle, républicaine et catholique de l’UMP s’est construite sur des valeurs viscéralement opposées. Dont acte.

Enfin, il me semble de bon ton de rappeler que le jour où se poserait la question pour les socialistes d’un second tour entre l’extrême-gauche (disons le NPA, mais j’y inclurais bien le Front de Gauche) et l’UMP, rares seraient ceux à appeler à un Front Républicain. Rares seraient ceux, même, à appeler ne voter ni pour les extrémistes ni pour l’UMP. Manifestement, pour ces idéologues et donneurs de leçons, l’extrême-gauche (se revendiquant d’une idéologie destructrice, comme l’URSS et Cuba l’ont montré, comme la Chine, la Corée du Nord et le Vénézuela en témoignent) est moins dangereuse pour la République et les valeurs humaines que l’extrême-droite, que je combats pourtant au quotidien mais qui n’a plus fait référence à son infâme passé depuis au moins vingt ans.

Il est donc temps de tordre le coup à cet argument purement électoraliste (et absolument pas mû par une exigence humaniste et démocrate) d’un partenariat entre le Front National et l’UMP. Cette escroquerie intellectuelle est indigne et honteuse. La plus grande partie de l’UMP a farouchement condamné la dérive droitière de la campagne présidentielle, alors même que cette dérive n’avait pas franchi un centième de la largeur du gouffre séparant l’UMP du FN. A chaque fois que l’on recourt à cet argumentaire fallacieux et diffamatoire, on insulte la droite française, on insulte son histoire, on insulte les hommes qui l’ont construite et qui la guide aujourd’hui, on insulte ses militants, on insulte ses électeurs républicains et démocrates, on m’insulte moi, moi qui suis viscéralement, profondément, historiquement et concrètement révulsé par les idées xénophobes, antirépublicaines et destructrices de l’extrême-droite. Et je me permets d’ajouter que dans mes actes et mes engagements notamment associatifs, j’ai probablement beaucoup plus œuvré pour ce combat que la plupart des fanfarons qui profèrent ces accusations indignes dans le seul espoir d’affaiblir la droite, adversaire républicain digne et ardent défenseur des valeurs portées par notre Constitution et son bloc associé depuis 1971.

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