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L’Enfant d’En-Haut

22 mai 2012

Note : 13/20

 

Présentation :

Le dur quotidien d’un garçon de 12 ans qui a fait le choix de voler des skis pour subvenir aux besoins de sa grande sœur et aux siens.

 

Commentaire :

Il est des films pour lesquels on se demande s’il s’agit d’une œuvre artistique ou d’un témoignage. Le thème de fond est propre au débat sociologique, politique ou psychologique et l’on se prend à y réfléchir sous le prisme des faits qui nous sont exposés.

Loin de ces films qui, pour nous faire réfléchir, abusent de plans lents et ennuyeux, nous noient dans une mise en scène et une bande originale pesantes, exagèrent les difficultés du quotidien de leurs personnages, poussent à l’extrême l’illustration du sujet qu’ils présentent, celui-ci trouve un équilibre entre dynamisme scénaristique et implication émotionnelle du spectateur. L’histoire, bien qu’originale et parfois tordue, est crédible et cohérente. Présentée linéairement, elle capte aisément notre attention et anticipe habilement nos réactions et ressentiments.

Le contraste du décor « en haut » / « en bas » est symbolique et saisissant. La blancheur de la neige, la lumière et l’argent en haut…la difficile réalité, sombre, nocturne et désargentée en bas. Et au milieu, un téléphérique, superbe métaphore de cette transition éphémère et si fragile. En ce sens, la scène finale, presque prévisible est aussi pertinente que facile. Et c’est là toute l’ambiguïté de ce film qui est capable du meilleur mais aussi du très (trop ?) facile ; à l’image des dialogues, parfois brillamment froids et cruels de brièveté, parfois trop simples et convenus.

Les acteurs, sans être exceptionnels, habitent correctement leurs rôles. Le petit garçon s’amuse de son rôle, même s’il a du mal à sortir du registre que l’on rencontre si souvent avec les acteurs de son âge dans des premiers rôles. Léa Seydoux est convaincante dans un rôle complexe et sans réelle emprise rationnelle… Quelques jours après sa performance dans Les Adieux A La Reine, elle montre qu’elle sait s’exprimer dans des registres très différemment sans tomber dans la superficialité ou la facilité. On peut, toutefois, légitimement en attendre un peu davantage eu égard au potentiel qu’elle laisse entrevoir.

Il est des films pour lesquels on se demande s’il s’agit d’une œuvre artistique ou d’un témoignage. En l’occurrence, chacun pourra se faire une interprétation personnelle de ce film particulier, mais il n’a pas d’autre ambition que d’être une simple (au sens noble du terme) œuvre d’art.

 

Durée : 1h37

Date de sortie : 18 avril 2012

 

Réalisé par Ursula Meier

 

Avec Léa Seydoux (aussi dans Les Adieux A La Reine) , Kacey Mottet Klein, Martin Compston

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From → Cinéma

3 commentaires
  1. Tu penses à quoi quand tu dis « registre que l’on rencontre si souvent avec les acteurs de son âge dans des premiers rôles » ?

    • Très direct dans la façon de s’exprimer, trop expressif dans les mouvements, caricatural dans les mimiques…

  2. Mais justement, je trouve ça assez juste. Il joue le rôle d’un enfant qui prend son rôle très au sérieux, donc qui se donne des airs. C’est le personnage lui-même qui par moment est caricatural.

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