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Le Tombeau des Lucioles

29 novembre 2011

Note : 16/20

 

Présentation :

La dure vie de deux jeunes orphelins (un frère de 14 ans et une sœur de 4 ans) dans un Japon de 1945, bombarbé par les Américains et soumis à une rigueur extrême.

 

Commentaire :

Étrange surprise que ce dessin animé qui utilise les codes de l’enfance pour nous infliger une claque si violente. D’autant plus violente que je ne m’attendais nullement à ça. Je pensais me plonger dans un univers fantastique et plein de bonhommie à la manière d’Hayao Miyazaki.

Pourtant dès les premières images, on sait que le récit va suivre une longue et inexorable chute. Petit à petit, les scènes d’horreur physique (bombardements, morts et blessés) et psychologique (la tante, l’agriculteur…) s’accumulent. Tout est dur. Plus on s’immerge dans l’histoire, plus on ressent la souffrance des personnages et on la vit.

Tout le talent d’Isao Takahata est de faire partager cette souffrance et de nous faire entendre cette violence avec une douceur et un esthétisme pervers. Les images sont superbes. Les enfants, malgré l’extrême difficulté de leur situation et malgré les coups durs qui s’accumulent, restent heureux et dynamiques. Ils sont pourtant lucides, conscients de la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent. Ils encaissent les coups, aussi rudes soient-ils. Mais courageusement, avec toute la force de leur jeunesse et de leur optimisme, ils font feu de ce qui leur reste : cet amour fraternel, ces grains de riz, ce morceau de bois qui devient balançoire… C’est ce contraste entre la joie courageuse de ces enfants et leur extrême souffrance qu’Isao Takahata réussit à mettre en images avec génie et avec une diabolique douceur.

De surcroît, c’est toujours une claque, nécessaire, d’être confronté aux messages de ces artistes japonais au sujet de l’incroyable souffrance qui a été celle du peuple japonais à partir de 1942 (mais surtout en 1945), à l’instar des écrits de Shusaku Endô (Le Retour par exemple). Nous sommes inondés de films et d’ouvrages sur le courage des soldats américains dans le Pacifique ou la relative rigueur imposée au peuple américain. Pendant ce temps-là, le peuple japonais est confronté à bien pire (si tant est que l’on puisse quantifier le pire parmi le pire). Les hommes sont tous mobilisés au front, la nourriture fait défaut et les bombardements massifs et aveugles des Américains harcèlent et massacrent indistinctement la population. C’est avec honnêteté et objectivité qu’Isao Takahata montre les réactions contrastées de ces Japonais : le courage de la plupart d’entre eux, la générosité des uns, l’égoïsme des autres… Une peinture aussi glaciale que sublime.

C’est aussi et surtout un hommage à l’enfance, à son insouciante lucidité et son courage mésestimé.

Il est indispensable de voir ce chef d’œuvre.

 

Durée : 1h25

 

Date de sortie : 19 juin 1996

 

Réalisé par Isao Takahata

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From → Cinéma

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