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Une Sorcière – August Strindberg

22 novembre 2011

Note : 10/20

 

Présentation :

L’ascension sociale d’une jeune fille dans la Suède du 19ème siècle où bourgeoisie et noblesse constituent toujours des classes sociales à part.

 

Commentaire :

Ce roman sombre et pas toujours limpide ne m’a pas convaincu.

L’histoire, à la fois simple et alambiquée, jongle entre différents styles pas toujours compatibles, du roman classique du 19ème siècle (on sent l’inspiration de Gustave Flaubert, dans un style que l’on trouve modernisé par Stefan Zweig dans certaines de ses nouvelles) au style fantastique terne (entre Guy de Maupassant et Franz Kafka). Malheureusement, de ses beaux auteurs, Strindberg n’a, dans ce roman en tout cas, pas le talent.

Les personnages n’ont pas, non plus, l’envergure de ceux dont elle copie un destin balzacien ou proche de celui d’un Georges Duroy. La jeune Tekla, un jour petite fille quelconque et timide, un jour jeune fille ambitieuse, parfois généreuse, souvent égoïste et finalement sorcière démoniaque, n’a aucune cohérence. Les personnages qui gravitent autour sont soit inconsistants (son mari, sa mère, le fiancé d’Ebba) soit incohérents (Ebba, son père).

L’écriture en elle-même ne m’a pas été agréable. Cela va même au-delà des aléas de la traduction. La construction du récit comme la construction des phrases manquent de limpidité. Certaines informations cruciales sont ainsi noyées dans des paragraphes indigestes et déséquilibrés sans aucune variation rythmique, stylistique ou syntaxique.

On ne sait jamais, pas même une fois la lecture achevée, où l’auteur veut nous emmener ou quel message il souhaite faire passer.

Malgré tout, ce roman a aussi ses qualités. Cette présentation de la société suédoise du 19ème siècle, que je ne connais que très mal, est très intéressante à une époque où la Troisième République a assuré sa pérennité en France. Ces strates sociales rigides et fondatrices jouent un rôle majeur dans la compréhension du personnage de Tekla d’abord obnubilée par la richesse de la bourgeoisie puis par les fastes et le prestige de la noblesse ; inimaginable en France à la même époque.

D’autre part, on se délecte à imaginer ces paysages, bercés que nous sommes par ces villages aux consonances scandinaves et ces particularités du relief propres à la région. Cet imaginaire si différent de celui auquel la grande littérature française nous a habitués est rafraichissant.

Une lecture que je ne recommande pas spécialement mais qui a le mérite de l’originalité et du dépaysement.

 

Poche: 84 pages
Editeur : Flammarion
Collection : GF

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From → Littérature

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