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D-Day Et La Bataille de Normandie – Antony Beevor

22 novembre 2011

Note : 18/20

 

Présentation :

Le récit historique du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, de ses premiers préparatifs à la prise de Paris par la Deuxième DB du Général Leclerc.

 

Commentaire :

Cet ouvrage est un immense chef d’œuvre. Fidèle à sa réputation d’historien sérieux et fidèle (notamment dans ses ouvrages sur La Chute de Berlin et la bataille de Stalingrad) Antony Beevor livre un exceptionnel travail de recherche dans les archives de la Seconde Guerre Mondiale auxquelles il a eu un accès privilégié, en tant qu’ancien officier de l’armée britannique.

C’est intelligemment construit, c’est superbement écrit (et traduit) avec rigueur et dynamisme, c’est parfaitement documenté et c’est exhaustif. Surtout c’est vivant et plein d’émotion alors qu’il ne s’agit en aucun cas d’un roman mais bien d’une transcription fidèle des événements tels qu’ils se sont déroulés.

L’œuvre précédente en la matière ayant eu une telle ampleur et une telle précision était celle de Cornélius Ryan avec Le Jour Le Plus Long, adaptée à l’écran par le célèbre et monumental film du même nom. Toutefois, Cornélius Ryan avait effectué un certain tri dans les infos et romancé son ouvrage. En l’espèce, Antony Beevor nous fait vivre cette féroce bataille comme un récit vivant sans jamais s’éloigner des faits.

Loin des idées préconçues sur le Débarquement et la bataille de Normandie ayant suivi, on comprend la dureté des combats (plus meurtriers au ratio morts/surface concernée et morts/période que le front russe), l’extrême difficulté d’un paysage réputé plat mais très vallonné avec des marécages et des haies (le bocage) meurtrières, la violence d’un climat sec et chaud (le rôle majeur de l’importante poussière)…

Sans s’attarder sur le lourd tribut payé par la région, la population ou les Résistants (sujets très largement traités dans de nombreux ouvrages à qualité variable), c’est surtout un bijou d’analyse militaire, stratégique mais surtout tactique, fondée sur des cartes, des rapports terrain, des témoignages… Chaque bataille (même pour une colline) est intelligemment et exhaustivement présentée avec le point de vue des deux camps. C’est parfois digne des travaux de Carl von Clausewitz, le maître en la matière (du moins celui qui m’a le plus séduit même si l’époque était différente et donc les stratégies incomparables).

Toutefois, cet ouvrage reste très technique et suppose d’avoir un important bagage sur cette période de la guerre et le vocabulaire militaire pour ne pas se perdre. Aussi ne le recommanderais-je qu’aux passionnés ou à ceux qui sont prêts à jongler avec les sources d’informations complémentaires. En très grand amateur de ces questions, j’ai personnellement adoré cet ouvrage aux qualités exceptionnelles. Pour un texte moins technique et plus agréable à suivre, Le Jour Le Plus Long de Cornélius Ryan est fantastique et passionnant.

 

Poche: 864 pages
Editeur : Le Livre de Poche
Collection : Littérature & Documents

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