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L’Idiot du Village – Patrick Rambaud

15 novembre 2011

Note : 13/20

 

Présentation :

Le récit d’un homme d’aujourd’hui qui se retrouve, malgré lui et de manière inexplicable, dans le Paris de son enfance en 1953. Sa connaissance du futur (ou du passé, c’est selon) s’avère alors être un précieux atout.

 

Commentaire :

C’est le premier ouvrage que je lis de Patrick Rambaud et je reconnais avoir été séduit. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre puisque l’intéressé est à la fois journaliste, nègre, écrivain et pasticheur. Il a reçu un Goncourt pour son roman La Bataille et est, plus récemment, devenu membre de l’Académie Goncourt. Autant dire que le personnage est difficile à cerner entre ces multiples casquettes (à en faire pâlir Damien Traille) et un prix littéraire qui récompense des ouvrages aux qualités aléatoires.

Quand j’ai vu 1953, j’ai craint de longues tirades anachroniques sur la mort de Staline ou la guerre d’Indochine. Heureusement, il n’en a rien été : Staline est seulement mentionné et l’Indochine est traitée avec mesure et détachement.

J’ai donc pris plaisir à me plonger dans l’imaginaire de cet auteur et de son personnage revenus dans le Paris de leur enfance, celui du siècle dernier, totalement métamorphosé. Le récit est vivant et tout à fait cohérent pour une fiction irréaliste. Le style est fluide, cohérent avec le personnage du narrateur. Les personnages comme les événements défilent avec douceur et l’on se prend au jeu.

Dans un style différent, j’ai retrouvé les sensations de la lecture de Nadja d’André Breton, celles du vagabondage dans le Paris d’autrefois. L’époque est certes différente (les années 1920 par rapport aux années 1950) mais ces deux romans offrent de candides balades empreintes de nostalgie urbaine.

Le dangereux écueil de la confrontation temporelle, l’effet papillon (rencontrer en 1953 ceux que l’on connaît dans le futur / aujourd’hui) est contourné. Sans vraiment le traiter, l’auteur s’en amuse en ne cherchant à aucun moment une quelconque rationalité.

La chute est brillante. Elle est brillante au fond. Elle est surtout brillante sur la forme ; se livrant à un cocasse exercice de style, l’auteur nous surprend, mais très agréablement. Et ce d’autant plus que cet exercice entre en totale cohérence avec le récit, laissant le lecteur libre d’une interprétation riche et personnelle.

 

Poche: 125 pages
Editeur : Le Livre de Poche (29 août 2007)
Collection : Littérature & Documents

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From → Littérature

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