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Le Premier Siècle Après Béatrice – Amin Maalouf

14 novembre 2011

Note : 13/20

 

Présentation :

Un scientifique (spécialisé en coléoptère) se lance dans l’étude des « fèves de scarabée », cette poudre censée permettre aux femmes de donner naissance à des garçons de manière presque garantie.

 

Commentaire :

Après lecture de nombre des ouvrages d’Amin Maalouf, c’est très bizarre de se retrouver en France à une époque contemporaine dans une optique futuriste et dystopique. C’est presque dépaysant de se retrouver chez soi à son époque lorsque l’on ouvre un livre d’Amin Maalouf.

Pourtant, ce roman (son quatrième) est aussi de bonne facture. Sans atteindre le niveau de ceux qui nous bercent de la culture du Proche-Orient (même si le narrateur débute son aventure en Égypte), ce roman accroche tout de suite le lecteur par l’ambiance dans laquelle il nous enferme. A mi-chemin entre l’univers de René Barjavel (Une Rose Au Paradis ou Le Grand Secret) et les thématiques scientifico-animales de Roald Dahl (Gelée Royale), on navigue dans une froide contre-utopie, totalement fictive donc, mais pourtant si réaliste (réelle ?).

Comme toujours, les romans d’Amin Maalouf ne sont pas neutres. En auteur engagé, il cherche à partager ses convictions. Mais surtout, il cherche à pousser le lecteur à une réflexion personnelle en lui offrant les éléments propres à nourrir cette réflexion. Ce n’est pas le multiculturalisme qui est au cœur de ce roman, mais il est toujours question de lutte contre les discriminations, contre le rejet d’autrui pour ses différences ou pour ses défauts déclarés. En l’occurrence, on navigue ici entre l’eugénisme et la misogynie comme institution. Sont aussi évoquées les contradictions dans la façon d’aborder la question du conflit Nord-Sud.

Sans être pessimiste, alarmiste ni moralisateur, Amin Maalouf offre une réflexion sociale et géopolitique très intéressante dans ce roman dont le thème est à la fois un problème en soi mais aussi un vecteur pour une analyse plus globale des comportements actuels et de leurs dangers. C’est toujours dans un cadre élargi et internationalisé qu’il soumet, indirectement, des solutions ou des pistes de solutions comme pour inviter toujours plus à puiser dans le multiculturalisme une force et non une source de nouveaux clivages.

Pour autant, cela reste un roman, un vrai bon roman avec un combat et de l’aventure dynamique et humaine. Les personnages sont intelligemment esquissés sans tomber dans des digressions ou une psychologie inadaptées. Les métaphores animales sont pertinentes : elles s’inscrivent aussi bien dans la réflexion de fond que dans la construction de l’imaginaire du roman.

Comme toujours, aussi, le style est limpide, la plume est légère et les champs lexicaux sont aussi riches que variés.

Le rythme du roman est intéressant, irrégulier comme pour traduire les sensations du narrateur, notamment dans sa relation avec sa fille.

Un roman à lire.

 

Poche: 157 pages
Editeur : Le Livre de Poche
Collection : Littérature & Documents

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From → Littérature

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