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Forces Spéciales

11 novembre 2011

Note : 12/20

 

Présentation :

Six commandos marines sont envoyés au Pakistan pour libérer une journaliste française capturée en Afghanistan et retenue captive dans la zone tribale pakistanaise.

 

Commentaire :

En admirateur absolu de Marius (vingt-deux ans dans les commandos marines), je suis allé voir ce film avec la certitude qu’il serait réaliste et fidèle aux modes opératoires sobres et rigoureux de nos bérets verts. A ce titre, j’ai été très déçu par ce film.

C’est un bon film d’action avec quelques travers et quelques clichés mais que l’on suit agréablement. Les ingrédients classiques sont utilisés à bon escient : action, uniformes, fusillades, hélicoptères, humour, romance, réflexion de comptoir sur le rôle des reporters de guerre…

Les personnages sont intéressants, sans plus. Les acteurs font leur travail avec sérieux et déploient les qualités qu’on leur connaît (notamment pour Diane Kruger, Djimon Hounsou et Benoît Magimel).

Cependant, je n’ai jamais réussi à profiter du film car j’en attendais, à tort (et j’en suis le premier responsable), autre chose. J’étais convaincu que Stephane Rybojad aurait essayé de mettre à l’écran ce qu’il a réellement pu observer lors de ses reportages sur les stages de sélection des bérets verts menés par Marius : réalité opérationnelle, valeurs humaines, modes opératoires, fonctionnement d’une unité de forces spéciales… La première scène du film offre un semblant de crédibilité : pour paralyser l’ennemi, on ne tire pas bêtement dans le tas, on ne tire pas pour tuer : une balle dans le genou, une action rapide et discrète, une extraction… C’est la réalité du mode opératoire des forces spéciales françaises. Pourtant, le reste du film fait un choix tout autre et transforme les scènes d’action en théâtres hollywoodiens. Alors que la force des commandos français réside dans leur discrétion et leur sobriété, on se retrouve avec six bonshommes qui vident des chargeurs par dizaines sans jamais se mettre à couvert, qui se séparent alors que leur force est de rester en groupe, qui ont des comportements sans rapport avec la discipline quoi doit être la leur, qui ne respectent pas les règles de base d’une extraction (rendez-vous au point de rencontre, hélicoptères qui disparaissent, aucun plan de repli, abandon total…)… On nous sert deux Mirages pour le décorum mais dont la présence n’a aucun sens… D’autre part, les Talibans, modèles de la lutte insurrectionnelle, de la guérilla discrète…se transforment en une bande de cinquante vietcongs qui courent à découvert et prennent des balles a volo comme s’ils étaient invincibles et nombreux.

J’étais aussi convaincu que l’occasion était idoine pour mener une réflexion objective et de qualité sur la rencontre, parfois houleuse, entre reporters de guerre (loin d’être des adeptes de l’armée pour certains) et soldats sur un théâtre d’opération aussi dangereux que celui de l’Afghanistan (l’OPEX la plus meurtrière depuis des décennies). Vous connaissez ma position sur les faits qui ont inspiré ce film, ceux qui impliquent Messieurs Ghesquière et Taponier avec qui je ne suis pas tendre du tout (mon article à leur propos). Ici, l’occasion est totalement ratée ; dans le film, le reporter, auteur de plusieurs articles très sceptiques sur le rôle et la place de l’armée en Afghanistan, doit être libéré par un commando d’hommes heurtés par ces articles. Deux petites remarques faciles (« bouh les méchants reporters », « bouh les violents militaires ») et tout ceci est oublié dans un mélange indigeste de romance et de bons sentiments presque dégoulinants. Le pire étant ce message, affiché avant le générique de fin (les crédits), nous expliquant que les soldats sont beaux et gentils et que les reporters de guerre sont beaux et gentils.

Très déçu donc en raison de cette double attente. Mais, cela occulté, le film reste un film d’action de bonne facture : une réalisation de qualité, des interprètes convaincants, du rythme…

Je recommande donc d’aller le voir mais sans en attendre autre chose que de l’action pure. Et un hommage certain pour ces soldats de l’ombre, aux sacrifices immenses et jamais publiquement récompensés.

 

Durée : 1h47


 

Date de sortie : 2 novembre 2011

 

Réalisé par Stephane Rybojad

 

Avec Diane Kruger, Djimon Hounsou, Benoît Magimel, Denis Ménochet, Raphaël PersonnazAlain FiglarzMehdi Nebbou

 

Et surtout avec Marius !!

 


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From → Cinéma

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