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Les Ombres – Shûsaku Endô

30 septembre 2011

Note : 13/20

 

Présentation :

Un homme rédige une lettre à un prêtre qui a influencé sa vie, ses croyances et son appréhension de la société japonaise au milieu du XXème siècle.

 

Commentaire :

Première expérience de littérature japonaise…et excellente surprise. Même si j’ai un peu triché : l’auteur a étudié en France et est un catholique convaincu (relativement rare au Japon) ; et c’est ce qui fonde son œuvre. Choc culturel évité, cette nouvelle aurait très bien pu trouver cadre en Europe Occidentale sans que cela ne la dénature fondamentalement.

Elle raconte l’histoire d’un homme de son enfance à aujourd’hui (adulte, marié, un enfant) au fil de ses rencontres avec un prêtre espagnol, missionnaire au Japon. Je ne connais pas particulièrement la biographie de Shûsaku Endô, mais j’ai l’impression que cette nouvelle pourrait être autobiographique : né en Mandchourie, cet enfant part ensuite vivre à Kobe avec sa mère (alors divorcée) et découvre le christianisme auprès de prêtres missionnaires français. D’importantes similitudes avec la vie de l’auteur.

Cette histoire est contée sous la forme épistolaire : dans une lettre qu’il rédige à l’attention de ce prêtre missionnaire, le narrateur nous raconte sa vie au rythme de ses interactions avec celui-ci : ses ressentiments, sa foi, ses réactions… Une personnalité et des convictions façonnées sous le prisme de ces rencontres avec ce prêtre qu’il admire pour son charisme et sa force, mais qu’il hait pour son égoïsme, sa rigueur et la place qu’il a pris dans sa vie.

On comprend rapidement où cette lettre nous mène et quel a été le destin de ce prêtre. Pour autant, on n’arrive jamais à savoir précisément ce que ressent le narrateur : des sentiments ambigus, une construction personnelle inachevée…c’est flou.

Et c’est d’autant plus flou que l’écriture est limpide, directe et efficace. Aucun détour, aucune digression, aucune ellipse ni imprécision. Un contraste poignant : la rigueur de l’écriture et la facilité de la lecture mettent en exergue les doutes et le flou qui habitent le narrateur à son propos mais aussi à l’égard de celui qui a hanté sa vie.

Une nouvelle qui nous saisit sur la forme comme au fond. A lire !!

 

Poche: 55 pages
Editeur : Gallimard
Collection : Folio

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From → Littérature

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