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Sa Majesté des Mouches – William Golding

25 septembre 2011

Note : 13/20

Présentation :

Dans les années 1950, un avion transportant de jeunes Anglais (entre six et douze ans) s’écrase sur une île déserte. Aucun adulte n’en ressort et les enfants doivent s’organiser pour survivre sur une île aussi paradisiaque qu’inquiétante. Il va s’agir d’établir des règles de vie et de construire une société inspirée de leur expérience.

Commentaire :

Convaincu qu’il s’agissait d’un livre pour enfant (combien d’enseignants au primaire ou au collège nous ont invités à le lire ?), j’ai été fondamentalement surpris par cet ouvrage dystopique (et froidement réaliste ?). Le récit est simple et sobre car il ne s’agit pas d’un roman censé divertir le lecteur (ni amuser un enfant donc) mais d’une réflexion acerbe et pessimiste sur la nature humaine affranchie de certains cadres et abandonnée à l’état de nature.

Chaque personnage, chaque lieu, chaque objet fait manifestement écho à des éléments de notre réalité dès lors que ces enfants essaient de mettre en œuvre, à leur échelle et dans leur monde, les systèmes sociaux, moraux, religieux et politiques (plus ou moins imbriqués ou confondus) qui se sont succédé depuis plusieurs siècles: Ralph le vain démocrate, Piggy le sage dénigré, Jack le guerrier charismatique, Roger le cruel homme de main…

L’incapacité à asseoir le système le plus équitable et raisonnable possible face aux difficultés (matérielles, relationnelles, comportementales) conduit à une régression sans fin de ces jeunes enfants de la haute société anglaise vers le meurtre, l’amoralité, le servage, la soumission et la déraison.

C’est donc une vision grave de la nature humaine dans ce qu’elle a pourtant de plus innocent – l’enfance, la jeune préadolescence – que développe William Golding dans ce récit. Récit dont la chute cristallise probablement la faiblesse et la couardise comme principaux défauts de l’Homme, prêts à se ranger irrémédiablement derrière l’autorité du plus fort.

Une fois que l’on a saisi la direction que l’auteur souhaite donner à ce récit, le style mystérieux et désorganisé de l’écriture prend sens. Toutefois, même si cela contribue à nous faire entrer avec cohérence dans un climat pesant, on peut regretter certaines lourdeurs et redondances, notamment lorsqu’il s’agit de décrire encore et encore cette forêt, ces lacis de lianes, ces pistes de chasse, cette plage…

Un ouvrage qui néanmoins étonne, perturbe et se savoure.

Poche: 245 pages
Editeur : Gallimard
Collection : Folio

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From → Littérature

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